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Le : 05 Juin 2009

L'Implosion démographique européenne face à l'explosion démographique africaine : l'Afrique déborde-t-elle sur l'Europe ?

« Si décisifs sont les problèmes de population, qu’ils tirent de terribles revanches, souvent fatales, sur les sociétés qui s’obstinent à les ignorer. »

C’est sous cette épigraphe d’Alfred Sauvy que Philippe Bourcier de Carbon a choisi de présenter sa communication au colloque de l’Institut de géopolitique des populations du 23 avril 2009 dont Polémia a déjà rendu compte.

Polémia a choisi de publier ici en pdf l’intégralité du document et les nombreux  tableaux scientifiques qu’il contient.

En voici un bref résumé.



Le recul général de la fécondité

Depuis plus d’une génération, la fécondité est en chute constante à peu près partout dans le monde. A l’exemple du monde riche où elle baisse depuis les années 60, la fécondité dans les pays pauvres, ailleurs qu’en Chine, passe depuis 1970 de 5,8 à 3,0 enfants par femme et en Chine de 5,3 à 1,8 enfants par femme durant la même période. L’Europe et le Japon qui ne remplacent plus leurs générations depuis plus d’une génération ont été les pionniers de ce mouvement général qui devient planétaire.

La fécondité subsaharienne reste la plus élevée de la planète

Cependant, avec le Pakistan, l’Afrique subsaharienne ne s’est engagée dans ce recul général de la fécondité que depuis les années 1990, soit vingt ans plus tard que le reste du Tiers-Monde ; la fécondité subsaharienne, encore de 6,2 enfants par femme en 1990, est ramenée aujourd’hui à 4.9 enfants par femme, soit le niveau le plus élevé parmi les grandes populations de la planète, tandis que celle du Pakistan a déjà été ramenée à ce jour à 3,3 enfants par femme.

L’inversion de la pyramide des âges dans le monde développé

Le rapport de vieillissement est l’indicateur qui résume le plus fidèlement l’impact de ces mutations démographiques sur l’inversion des pyramides des âges ainsi que sur la fécondité. Il est constitué du rapport des effectifs des seniors (ou personnes âgées de 50 ans et plus, ayant dépassé les âges statistiques de fécondité) sur celui des jeunes (les enfants et les jeunes gens n’ayant pas encore atteint 20 ans, étant eux aussi exclus des âges statistiques de fécondité).

Lorsque les effectifs des seniors en viennent à surpasser ceux des jeunes dans une population - c’est-à-dire lorsque ce rapport surpasse 100% - la pyramide des âges est inversée, sa partie supérieure l’emportant en nombre sur sa base, et alors le processus d’implosion démographique s’enclenche.

L’humanité dans son ensemble franchira ce seuil au cours de la décennie 2020, selon les dernières projections des Nations unies, à la suite de l’Union européenne de 27 membres qui l’a franchi au début des années 1980, du monde riche dans son ensemble qui l’a franchi en 1985 et de l’Allemagne et du Japon qui l’ont franchi respectivement en 1970 et 1985.

Face à face Europe/Afrique subsaharienne

Ce face à face de l’Europe (y compris la Fédération de Russie) ou de l’Union européenne avec l’Afrique subsaharienne peut donc se résumer ainsi en ce début du XXIe siècle :

– La zone la plus urbaine de la planète fait à présent face à la zone la plus rurale.
– La zone la plus riche de la planète fait à présent face à la zone la plus pauvre.
– La zone la plus stérile de la planète fait à présent face à la zone la plus féconde.
– La zone où la vie est la plus longue fait à présent face à celle où elle est la plus courte.
– La zone la plus âgée de la planète fait à présent face à celle où elle est la plus jeune.
– La zone où le nombre des décès excède celui des naissances fait face à celle où la croissance naturelle de la population est la plus rapide.

Sept fois plus de naissances en Afrique subsaharienne qu’en Europe

Il résulte de ce qui précède que le nombre des naissances de l’Afrique subsaharienne, qui en 1950 était encore comparable à celui de l’Union européenne dans ses limites actuelles, lui est aujourd’hui près de 7 fois supérieur tous les ans : 33 millions contre 5 millions.

Les potentiels des migrations

Les flux d’immigrants (réguliers et irréguliers) dans les pays de l’Union en provenance de l’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui essentiellement composés de jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans et plus de 40% de ces flux sont désormais constitués de jeunes femmes de ces tranches d’âge.

Les effectifs de ces jeunes adultes âgés de 20 à 40 ans sont donc appelés à doubler d’ici à 2040 en Afrique subsaharienne, passant de 250 millions à 500 millions en trente ans.

Cela signifie - toutes choses égales par ailleurs, en particulier si la probabilité d’émigrer dans l’Union reste ce qu’elle est aujourd’hui - que la pression migratoire des jeunes adultes en provenance de l’Afrique subsaharienne sur les frontières de l’Union est appelée à doubler au cours des trois prochaines décennies.

Polémia
04/06/2009

Intégralité de la communication de Philippe Bourcier de Carbon à télécharger en pdf à :
http://www.polemia.com/pdf/CompoqueLAULAN.pdf

Philippe Bourcier de Carbon

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