Rubrique : Société / A La Une


Le : 28 Juin 2009

« La préférence nationale : réponse à l'immigration » : un classique à redécouvrir

Il y a vingt cinq ans deux livres majeurs furent consacrés à la question immigrée.L’immigration, une chance pour la France de Bernard Stasi. La préférence nationale : réponse à l’immigration de Jean-Yves Le Gallou et du Club de l’Horloge.

C’est l’ouvrage de Bernard Stasi qui servit de référence aux politiques suivies par tous les gouvernements successifs. Mais c’est dans La préférence nationale : réponse à l’immigration que se trouvent le bon diagnostic et le principe susceptible de permettre une maîtrise du phénomène migratoire.

Passons sur le diagnostic : échec des politiques d’intégration, « choc de l’islam », risque pour la paix civile, coût économique et social, tout ce qui était décrit ou anticipé dans l’ouvrage du Club de l’Horloge s’est vérifié. Et l’analyse n’a pas pris une seule ride !

Reste la question centrale, le principe de « préférence nationale » est il encore pertinent aujourd’hui ?

La réforme du code de la nationalité

Une première remarque s’impose. Les auteurs de La Préférence nationale soulignaient l’importance d’une réforme du code de la nationalité. Ils proposaient de la fonder sur la logique suivante : être Français, cela s’hérite (par la naissance de sang français) ou cela se mérite (par l’assimilation).

Le gouvernement Chirac de 1986/1988 s’essaya d’ailleurs à une timide réforme du code de la nationalité avant d’en confier l’étude à une « commission de la nationalité ». Celle-ci sous l’impulsion d’Alain Finkielkraut et de Dominique Shnapper (la fille de Raymond Aron) se rallia à une conception abstraite de la nationalité : être Français se résumait pour eux à une vague adhésion aux valeurs républicaines. Et c’est ainsi que la nécessaire réforme du code de la nationalité n’eut pas lieu : vingt ans plus tard plusieurs millions de personnes ont juridiquement la nationalité française…sans être Français par l’origine, la culture, la civilisation ni même souvent le sentiment d’appartenance (sauf pour bénéficier des avantages statutaires et sociaux de leur situation).

La préférence nationale, un concept qui reste pertinent

Pour autant, faut-il remiser au magasin des accessoires le concept de préférence nationale ? Sûrement pas, pour au moins quatre raisons :

1/ D’abord, et malgré le poids des règles d’accession laxistes à la nationalité, plus de 90% des Français par la nationalité restent aujourd’hui encore de civilisation française. Légiférer en leur faveur ne paraît donc pas absurde.

Préférence nationale à l’emploi

2/ De plus - et à tout prendre - il vaut mieux réserver un certain nombre d’avantages aux nationaux français (fussent-ils de culture étrangère à la France) que de les ouvrir à des étrangers qu’on incite ainsi à venir en France.
Avec pour conséquence d’aggraver encore le poids démographique, économique et social de l’immigration. Soyons concret : il est particulièrement déraisonnable d’accorder des emplois à des étrangers venus d’Afrique, du Maghreb ou de Turquie, alors qu’il y a des centaines de milliers de chômeurs dans les cités de banlieues.

3/ Dans beaucoup de pays du monde la crise économique provoque d’ailleurs une revendication croissante de préférence nationale à l’emploi : c’est le cas notamment aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Australie. Pourquoi la France ne se rallierait-elle pas cette tendance montante ?

Mettre en panne les pompes aspirantes de l’immigration

4/ D’une manière plus générale l’expérience des politiques conduites depuis trente ans montre qu’il est vain d’espérer maîtriser les flux migratoires par les contraintes réglementaires et policières. Une seule politique a des chances d’être efficace : celle consistant à mettre en panne les pompes aspirantes de l’immigration et à faire en sorte qu’il cesse d’être « rentable » d’immigrer en France. Cela suppose la mise en œuvre de la préférence nationale, non seulement à l’emploi mais aussi pour les prestations sociales (RSA, prestations familiales, aides sociales, etc.…).

On le voit la « Préférence nationale » reste un concept d’actualité. La réédition - sur Internet - de l’ouvrage éponyme est donc une excellente chose. Pour se réapproprier l’essentiel en matière de politique d’immigration.

La préférence nationale : réponse à l’immigration : un classique à redécouvrir.

Guillaume Bénec’h
22/06/09

Correpondance Polémia
28/06/2009

Image: British jobs for british workers

Jean-Yves Le Gallou, La préférence nationale : réponse à l’immigration,  Albin Michel, 1985, 272p. (épuisé). A rechercher chez les marchands de livres anciens et d’occasion.

En édition internet sur PDF (avec défilement des chapitres) :
http://www.polemia.com/pdf/prefnat.pdf




http://www.kalam-livres.com/index.php?page=preference-nationale-reponse-limmigration-gallou-domrobert-gall-albin-michel-2226022333-p-952.html%3F

Guillaume Bénec’h

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