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Le : 14 Septembre 2010

Halal : intolérance islamique et société marchande

Deux questions se posent à propos du halal : doit-on ou non déroger à la loi commune pour satisfaire des rituels religieux particuliers ? Cette question mérite débat. Doit-on accepter que des règles alimentaires musulmanes s’imposent de facto à des non-musulmans ?
La réponse est évidemment non ! Explications.

Vis-à-vis de l’abattage rituel deux attitudes sont possibles :

Etourdissement préalable de l’animal…

-1- Certains pays d’Europe retiennent comme règle générale, sans exception aucune, la méthode de l’étourdissement préalable à l’exécution de l’animal. Plusieurs principes viennent à l’appui de ce point de vue : les traditions culturelles nationales ; la laïcité et le refus de ce qui peut apparaître comme des superstitions d’un autre âge ; le souci d’épargner aux animaux de boucherie des souffrances superfétatoires ; la recherche d’une viande de qualité contenant le moins de toxines possible. Ainsi l’abattage rituel reste interdit en Norvège, en Suède, dans certains Länder autrichiens et en Suisse. Les réglementations de l’Union européenne vont probablement conduire à un changement de ces législations. Sauf, bien sûr, en Suisse où l’abattage rituel est interdit depuis 1893 à la suite d’un référendum. D’autant qu’il est peu probable qu’une majorité du peuple suisse accepte un jour de changer ces règles. …

Ou rituel religieux d’abattage ?

-2- D’autres pays accordent des dérogations à la règle générale : dérogations longtemps accordées marginalement pour l’abattage rituel juif et beaucoup plus massivement depuis une dizaine d’années pour l’abattage rituel musulman. Et ceci au nom du principe de la liberté religieuse reconnue comme essentielle par le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme. On peut effectivement concevoir une règle générale à finalité sanitaire et soucieuse du bien-être animal et des exceptions pour respecter les croyances propres aux membres de certaines communautés.

Imposer les règles musulmanes… à des gens qui ne sont pas musulmans n’est pas acceptable

Mais la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Or la conjonction des règles musulmanes et des préoccupations marchandes conduit aujourd’hui à imposer les règles musulmanes… à des gens qui ne sont pas musulmans. Selon Florence Bergeaud-Blackler : « Pour qu’une viande soit halal, c’est-à-dire licite, il faut en principe qu’elle soit dhabiha (ou zabiha), c’est-à-dire égorgée selon les principes ordonnés par l’islam, et qu’elle ne contienne ou ne soit issue d’aucune espèce ou substance haram, c’est-à-dire illicite (*) ». Ce principe ne posait pas de difficultés dans l’Arabie chamelière du VIIe siècle ; il en pose davantage dans une société marchande développée.

Tant qu’il s’agissait de sacrifier l’agneau pour l’Aïd-el-kébir, le problème était circonscrit. Mais lorsqu’il s’agit – comme c’est le cas aujourd’hui – de généraliser le halal à l’ensemble des produits, cela pose des problèmes de contagion majeure : en effet, le produit halal ne doit pas être « contaminé » par des substances illicites :
- C’est pour cela que les « Quick halal » ne vendent plus que du halal parce que sinon il leur faudrait deux cuisines et deux batteries de cuisine ; c’est aussi ce qui se passe dans un certain nombre de cantines collectives, scolaires ou d’entreprise. Ce n’est pas grave, dit-on, tout le monde peut manger halal, même les non-musulmans.
- C’est aussi pour cela que la majorité des poulets et des moutons et le quart des bœufs sont abattus en France sans étourdissement préalable : parce qu’ainsi la même chaîne d’abattage peut fonctionner en continu ; sinon il faudrait procéder à un nettoyage à chaque fois qu’on passe de l’abattage réglementaire à l’abattage halal. Ce n’est pas grave, dit-on, les acheteurs ne sont pas au courant et les distributeurs et les bouchers préfèrent… ne pas savoir.
- Bien sûr le problème se pose à plus grande échelle encore avec les plats cuisinés : dans toutes ces préparations la viande halal est appelée progressivement à remplacer la viande normale.

Ceci est lourd de conséquences :
Au nom de la modernité et des « droits de l’homme », une majorité d’Européens de culture catholique se font imposer les prescriptions sectaires et intolérantes de l’Arabie mahométane du VIIe siècle.
Au nom du libre commerce on impose à des consommateurs, dont beaucoup sont laïcs, un impôt religieux. Car la rémunération des imams par les entreprises de certification halal permet de financer le culte musulman et la construction de mosquées.
Au nom de la sacro-sainte loi de l’argent-roi, industriels et grands commerçants manifestent une préférence pour l’intolérance.

Ne pas manger halal contre son gré

Comment réagir à ce triomphe de l’intolérance ?
En ne la tolérant pas !

En dénonçant les complices – économiques et politiques – de l’invasion de la France par des mœurs et des coutumes plus ou moins barbares, venues d’ailleurs.

Et en résistant collectivement et individuellement : par la défense du porc et du saucisson, par l’élimination de ses « caddies » des produits cuisinés, par la préférence pour les produits locaux et les produits bio, par la méfiance à l’égard du grand commerce.

On peut, certes, accepter que des musulmans puissent manger halal en France mais à une condition : c’est que les non-musulmans puissent ne pas manger halal contre leur gré.

Guillaume Bénec’h
10/09/2010
Polémia

Note :
(*) Nouveaux enjeux autour de l’abattage rituel musulman : une perspective européenne

Voir :
- Comment échapper au halal ? Obtenir la traçabilité des conditions d'abattage des bœufs, moutons et poulets
- Apéro-saucisson : Polémia fait le point sur le phénomène halal

Image : Quick et ses « viandes certifiées »

Guillaume Bénec'h

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