Rubrique : Politique / A La Une


Le : 07 Octobre 2012

Marseille rate la BAC - Entre République bananière et Chicago

Marseille ne fait plus rire personne. La ville de la galéjade est devenue un symbole de la diversité, puisque c’est un mot à la mode, des dégénérescences françaises. Quand le Paris-Dakar pouvait encore se dérouler en Afrique, dans une autre époque, puisque maintenant il a été chassé par les extrémistes musulmans en Amérique latine, on s’amusait d’une blague. « Quelle est la première étape africaine du Paris-Dakar ? Marseille bien sûr ».
Metamag

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On notera deux choses : l’image démographique liée à Marseille, une réalité dont on peut se réjouir ou s’inquiéter, et le fait que l’on ait conservé le nom de l’épreuve qui a dû changer de continent. C’est typique de tous les pays décadents, se réfugier derrière la sémantique pour nier la réalité et qualifier de « repli stratégique préparé à l’avance » ce qui est en fait une débâcle honteuse.

On cache également par des mots la réalité de certains quartiers de Marseille devenus des enclaves pour bandes multiethniques comme cela se passe aux USA depuis des décennies. Les bandes s’affrontent à l’arme de guerre pour le contrôle d’un trottoir ou d’une cage d’escalier, marché de la drogue en plein air. Que les petites brutes incultes de certains quartiers qui roulent en Ferrari se rêvent en millionnaires US du rap, de la drogue et de la violence, c’était inévitable.

L’autre coté de la médaille, c’est hélas la gangrène de la police. Précisons de certains policiers. Certains en effet ne se résignent pas à voir passer des fortunes sous leurs yeux et gagner des salaires de misère en mettant leur vie en jeu. Après avoir atteint les bandes, le syndrome US frappe notre police, comme dans les films de gangsters et de ripoux.

Mais le grand responsable au finish, c’est notre système politique. Il est incapable d’éradiquer la racaille par aveuglement idéologique et peur des bavures et de l’antiracisme… comme parfois aux USA. Il est surtout incapable de redonner de la fierté aux serviteurs de l’état qui se sentent abandonnés.

Et puis il y a la dégradation du matériel humain dans tous les domaines. La nature humaine étant ce qu’elle est, on ne résiste pas, dans une société du fric, valeur absolue au-dessus de l’honneur et du dévouement, à l’appel du veau d'or de la poudre blanche. Il faudrait un redressement moral de la société et un nouveau contrat national au-delà de la sémantique républicaine. Pour certains, la République, c’est le droit d’être respecté même quand on est tout, sauf respectable.

C’est pourquoi l’avenir appartient dans certaines villes et à Marseille en particulier aux trafiquants, aux ripoux, les deux faisant la paire. Ce qui est en train d’être révélé à Marseille en est une belle démonstration.

Les ripoux de la Bac

Il n'y a plus de brigade anti-criminalité jour à Marseille nord. Après la mise en examen de douze fonctionnaires soupçonnés d'extorsion de fonds et de délits liés aux stupéfiants, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dissout l'unité.

Treize policiers avaient été placés en garde à vue depuis ce mardi et 15 ont été entendus librement, soit 28 membres de l'équipe de jour de la BAC nord, par 30 enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale. «Il est envisageable que d'autres personnes soient impliquées pénalement à des titres divers. Le sentiment, c'est qu'on a une gangrène qui a touché ce service» a déclaré, hier, le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, évoquant une «affaire lourde, loin d'être terminée».

Depuis l'ouverture d'une enquête préliminaire en novembre 2011, suivie d'une information judiciaire le 22 février, «de très gros moyens» ont été employés pour surveiller les policiers suspectés, avec la pose de micros et de caméras dans les locaux de la BAC et dans les véhicules de fonction. De l'argent et de la drogue ont été découverts cette semaine dans les locaux lors de perquisitions.

Il y a bien plus que quelque chose de pourrie dans le royaume de France.

Le rôle des médias

L’idéologie médiatique s’en mêle. Les journalistes aiment les flics quand ces derniers leurs donnent des infos qui permettent à leurs journaux de contourner le secret de l’instruction. Mais pour le reste, à part une liaison dangereuse de connivence toujours niée, le journaliste préfère globalement le voyou au policier. Le voyou a une présomption de circonstances atténuantes et le policier une suspicion de ripoux.

C’est pourquoi on a droit à des choses normalement intolérables. Sur BFM télé, concernant cette affaire de la Bac, la chaîne a donné la parole, sans rien vérifier ni mettre en perspective, à un trafiquant de drogue et fier de l’être qui s’est livré en toute impunité à un réquisitoire contre une police pourrie. Pas ça, pas lui.

Notre télévision si bien pensante devrait tout de même se rappeler un principe élémentaire du droit « nul ne peut invoquer sa propre turpitude ». La chaîne pourrait être à la limite poursuivie pour apologie du crime.

Apparemment cela ne gêne personne. Manuel Valls ne redressera pas plus les banlieues qu’Eric Montebourg le productif. Il est faux de dire que lorsqu’on touche le fond on remonte. La vraie décadence, elle est sans fond et le plus souvent on n’en remonte jamais, car cela nécessite un redressement qui ne serait pas qu’un effet sémantique.

Jean Ansar
Metamag.fr 
06/10/2012

Correspondance Polémia – 7/10/2012

Image : Jacques Dallest, procureur de la République à Marseille : «affaire lourde, loin d'être terminée»

Jean Ansar

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